Welcome To The Black Romance

Welcome To The Black Romance
Une nuit, j'ai fait ce rêve...le genre de rêve qui ne vous lâche pas...je n'arrêtais pas d'y penser tous les jours...alors j'ai eu envie de vous le faire partager à travers cette fiction...Pour écrire cette histoire, j'ai mélangé ce rêve à l'ambiance sombre de My Chemical Romance, un groupe sublime qui m'a complètement envouté...



Pour être averti quand je poste une suite, il vous suffit de laisser un commentaire sur le dernier épisode en ligne. Attention, je ne préviendrais que ceux-là !!! (Je n'utilise pas cette méthode pour avoir un maximun de commentaires mais uniquement pour éviter de prévenir des gens qui ne lisent plus)


Petite précision sur cette fiction, les personnages sont FICTIFS...aucun d'entre eux n'a existé à cette période et les "faits historiques" de la fiction ne se sont pas réels...

Merci à vous toutes pour vos commentaires toujours aussi encourageant, cela me fait très plaisir de voir que ce que j'écris est apprécié =)



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"When I was a young boy,
My father took me into the city
To see a marching band.
He said, "Son when you grow up,
Would you be the savior of the broken,
The beaten and the damned?"


# Posté le lundi 01 septembre 2008 06:38

Modifié le mercredi 18 mars 2009 11:34

Awake and unafraid...Asleep or dead

Awake and unafraid...Asleep or dead
Août 1942

Le calme après la tempête. Lentement, je repousse les portes de l'armoire dans laquelle je m'étais cachée. Son grincement retentit dans cette pièce en désordre. Les bibelots, surtout des souvenirs de famille sont brisés sur le sol. Les draps du lit que Maman avait impeccablement pliés ne sont plus qu'une masse de chiffon. Je sors de ma cachette. Il règne un silence inquiétant dans cette maison.

« Bertrand, Papa, Maman »_criait –je à voix basse, de peur qu' « ils » ne soient encore dans les parages.

Aucune réponse, aucun bruit...Je m'approche des escaliers, je vais devoir descendre. Mais quel spectacle vais-je trouvé en bas ? Je descends doucement les marches en fermant les yeux. Je sens la rampe d'escalier rugueuse sous la paume de ma main. Je décompte les marches dans ma tête...encore une...voila, je suis au salon...toujours les yeux fermés pour me protéger de la scène que je vais surement trouver. J'entrouvre doucement les paupières et distingue deux formes gisant sur le sol...comme deux corps...inertes. Mes forces me quittent, je tombe à genou, sur les rotules, m'enfouit la tête dans mon tablier pour pleurer toutes les larmes de mon corps. Me voila désormais orpheline...

# Posté le lundi 01 septembre 2008 07:21

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 14:20

Famous Last Words

Famous Last Words
Une seconde, une minute, une heure...je ne sais pas combien de temps s'est écoulé mais la nuit est à présent tombée et je n'ai toujours pas bougé. Je n'ose pas m'approcher de leur corps. Soudain, j'entends le grincement si particulier de la porte d'entrée. Le salon est plongé dans la pénombre mais je reconnais cette silhouette qui vient de se glisser à l'intérieur avant d'aller allumer l'interrupteur. La simple ampoule du salon, sans abat-jour, fait jaillir sa lumière vive sur cette scène sinistre.

« Helena ! Que s'est-il passé ? »_me dit il, anxieux

Je ne parviens toujours pas à articuler le moindre mot, étouffée par les larmes.

« Helena, raconte moi ce qui est arrivé ! »_insiste-t-il

Il m'aide à me relever et me conduit jusqu'au fauteuil de papa. Je m'assois comme il me le conseille.

« Maintenant, explique moi s'il-te-plait »_me demande-t-il pour la troisième fois.

Il s'assit sur l'accoudoir et prend ma main dans la sienne.

« Ils ont forcés la porte. Les Allemands. J'étais en haut quand j'ai entendu des hurlements dans une langue que je ne comprends pas. Puis, j'ai entendu de lourdes bottes qui montaient les escaliers. Alors, je me suis réfugiée dans l'armoire pendant qu'ils fracassaient tout dans les chambres. J'avais tellement peur qu'il me trouve que j'ai retenu ma respiration. Ensuite, ils sont redescendus et...et...Maman et Papa criaient et des chiens aboyaient. Ensuite, j'ai entendu des armes que l'on rechargeait, le déclic et la détonation... Puis, plus rien »

Un silence des plus complets, s'installe entre mon frère aîné et moi pendant quelques minutes...

« Je m'en veux tellement de vous avoir laissé seuls. Ils vont nous le payer ! Helena, tu vas monter en haut et aller te coucher »_m'ordonne Bertrand.

« Non, je veux rester avec toi !_le suppliai-je

« Ecoute, maintenant, c'est à moi de veiller sur toi alors s'il-te-plait, monte dans ta chambre ! »

« Et toi ? Tu va faire quoi ? »

« M'occuper de Papa et Maman. Ensuite, je viendrait te rejoindre »

« Tu promets ? »

« Oui, allez, file »

« Attends, je veux leur dire au revoir »

Il me laisse faire sans broncher. Je m'approche des corps de mes parents. On dirait presque qu'ils sont endormis, si on ne tient pas compte de leur yeux ouverts et du point rouge sur leur torse. Je m'accroupi près de Papa et lui fait un dernier bisou. Je frissonne lorsque mes lèvres entre en contact avec sa joue froide. Puis, je lui ferme les paupières avant de me tourner vers maman. Je caresse une dernière fois ses cheveux bouclés, ouvre le fermoir de la chaine qu'elle porte autour du coup et la fait glissé dans ma main. Je lui fais aussi un dernier baiser avant de fermer doucement ses paupières comme celle de Papa. Mon frère m'observe toujours en silence. Je monte les escaliers et me retourne une dernière fois. Dans ma chambre, je m'installe sur l'appui de fenêtre, en serrant fort le collier de ma mère : un petit crucifix qui appartenait à sa grand-mère. De là-haut, j'aperçois Bertrand qui sort avec une pelle et commence à creuser à une vingtaine de mètres de la maison, dans la forêt. Notre maison est assez reculée de tout, située dans un bois en Alsace, pas loin de la frontière. Nous n'avons pas de voisins et le village est à une demi-heure à pieds. Mon frère a fini son rectangle dans le sol. Je le vois trainer le corps de Papa, puis il disparait de mon champ de vision avant de revenir avec Maman. Il les dépose délicatement au fond de la fosse qu'il vient de creuser, l'un à coté de l'autre. Il rassemble leur main. Il va ensuite dans les sous-bois et en revient quelques minutes plus tard avec une branche de houx. Il la dépose à leurs pieds puis remet la terre en place, pelletée après pelletée, comme si rien ne s'était passé. Une fois le terrain aplatis, il lève les yeux à ma fenêtre et on se regarde, comme pour se dire que tout est fini. Il disparait à nouveau en forêt et en ressort avec deux bâtons droits. Je le vois les lier ensemble pour former une croix et la plante dans le sol, à la tête de la tombe. Il admire son travail pendant quelques secondes, avant de ranger la pelle et de venir me rejoindre à l'étage.

# Posté le lundi 01 septembre 2008 07:24

Modifié le samedi 13 septembre 2008 13:36

So Long and Goodnight...

So Long and Goodnight...
Je suis toujours à la fenêtre quand il entre dans la chambre, celle de nos parents, celle où je m'étais cachée, celle qui était en désordre par « leur » faute.

« Pourquoi ont-ils fait cela ? »_demanda je tristement à Bertrand

« Je l'ignore...Peut-être ont-ils apprit que papa et moi étions dans la Résistance. Ou alors, ils étaient de passage et ont eu envie de s'en prendre à des civils sans défense. Ils me dégoutent !! Le jour où je pourrais enfin tuer un de ses fils de hutte !! »

Mon frère exprime sa tristesse par de la colère. Il a toujours réagit ainsi. Maintenant, il ne reste plus que nous deux pour nous occuper de la maison.

« Remettons un peu d'ordre avant d'aller dormir, ou du moins, une nouvelle paire de draps »_conseille-t-il

J'ouvre donc l'armoire qui m'a servit de refuge un peu plus tôt dans la journée, cette journée ou mes parents étaient encore en vie ce matin !! Je refais le lit avec l'aide de Bertrand. Je ne l'ai jamais vu faire la moindre tâche domestique. Ce n'est pas son genre. Il est plutôt porter sur les « truc d'hommes » comme narguer les Allemands avec ses amis de la Résistance. Je me demande ce qu'ils ont fait aujourd'hui...Leur couper l'eau ? Aider des Juifs à se cacher? Je n'en sais rien. Il n'en parle jamais de toute façon. Un fois le lit en ordre, je me glisse sous ses draps encore un peu rugueux car propre.

« Bon, tu es bien installée ? Je ferme les tentures et bonne nuit ! »

« Attends, tu veux bien dormi avec moi ? »_ le suppliai-je

« Mais Helena, tu va avoir 18 ans ! »_me répond-il

« S'il-te-plait, je ne suis pas tranquille. Ne me laisse pas seule !! »

Ma dernière phrase à du le remuer car il accepte. Il enlève ses bottines encore boueuses et se glisse à côté de moi. Lui à la place de Papa, moi à celle de Maman.

« Essayons de dormir un peu, nous allons avoir besoin d'énergie pour tout ranger ici »_finit-il par me dire avant de sombrer dans un sommeil profond. Je ne parviens pas à m'endormir. Tous ces souvenirs...la fois où j'avais été cueillir des mûres avec Papa et où on avait trouvé un hérisson blessé, le jour où Maman m'a apprit à coudre et où j'avais cousu les deux manches ensemble sans m'en rendre compte...Comme nos vies étaient merveilleuses avant cette fichue guerre. J'entends au loin les bombardements et me ressert un peu contre mon frère endormi. C'est à cette période qu'avait lieu le feu d'artifice annuel de la ville voisine...avant la guerre.

# Posté le dimanche 07 septembre 2008 10:11

Modifié le jeudi 11 septembre 2008 09:08

Mama, we all go to hell

Mama, we all go to hell
Le matin, je me réveille assez facilement vu que je n'ai pas fermé l'½il de la nuit. Mes yeux me brûlent, en partie à cause de l'insomnie mais surtout à cause de toutes ces larmes que j'ai versées. Mon grand frère dort encore. Le pauvre, il est exténué. Laissons-le dormir. Je sors le plus discrètement possible du lit, en prenant garde de ne pas le réveiller et descend les escaliers à pieds nus. Le salon est éclairé par la douce lumière du matin, exactement comme la veille si on ne tient pas compte des deux taches de sang séchés au milieu de la pièce. Je me dirige vers la cuisine et sort une bouilloire de l'armoire. La bouilloire de Maman. Je la remplis d'eau et la fait chauffer. Je n'ai aucune idée de la manière dont on fait du café mais je vais essayer. Je sors deux tasses et y verse un peu de chicorée, ensuite je rajoute l'eau chaude et mélange le tout avant de goûter. Verdict : le pire café que j'ai jamais avalé mais on s'en contentera. Bertrand descend enfin attiré par l'odeur de mon « délicieux » café...ou plutôt réveillé par le sifflement strident de la bouilloire !!Je lui tends une tasse et il l'observe, perplexe...

« Tu sais faire du café maintenant ?_me lance t-il

« Comme tu vois ! »

Il se décide à y tremper les lèvres.

« Ca va, j'ai connu pire...comme jus de chaussette ! »

Après ce petit-déjeuner assez raté, on remonte tout les deux en haut.

« Quel bordel ils ont foutu !! Ca va prendre des jours pour tout évacuer et remettre en place »_grogne-t-il

Je commence à ramasser les débris de nos souvenirs : le chien en porcelaine offert par notre grand-mère, les napperons en dentelles jetés sur le sol avant d'être piétinés ,...et surtout, un cadre brisé qui laisse échappé une photo un peu jaunie : nos parents le jour de leur mariage. Je la récupère et la glisse dans la table de chevet de Maman, là où j'ai déjà déposé sa chaîne la veille. Nous y passons la journée pour tout remettre en ordre et le soir tombe quand les traces de chantiers sont effacées. Comme si il ne s'était rien passé. Je contemple cette pièce si dépouillée à présent...

« Je vais faire le diner pendant que tu va te nettoyer, d'accord ? »_proposais-je à la fin de la journée

« Bonne idée, je meurs de faim ! »_me répondit-il

C'est vrai que j'avais faim aussi. Depuis le « café » du matin, nous n'avons rien avalé d'autre. Mais je commence à avoir l'habitude depuis que tout est rationné. C'est mon frère qui se charge d'aller en ville récupérer quelques provisions et nous avons un petit potager derrière la maison mais c'est quand même difficile de tenir ! J'épluche les pommes de terre, assez lentement pour ne pas me couper. Ce n'est pas si évident la cuisine. Je les plonge dans la marmite en fer et fait bouillir le tout. J'ignore combien de temps elles doivent cuire mais on va dire « jusqu' à ce que mon frère revienne ». Cela me semble raisonnable. Justement le voila tout propre.

« Tu t'en sort en cuisine ? Tu nous a fait quoi ? »

« Pommes de terre »_dit-je en lui montrant la casserole

« Et avec ça ? »

« Des pommes de terre, c'est tout ce qu'il y a pour aujourd'hui si on veut tenir »

« D'accord, vivement que cette fichue guerre finisse. Je n'en peux plus des patates »_soupira-t-il

Je sers deux assiettes et on mange silencieusement sur la grande table. Avec deux places vides...quel calme ! Une fois terminé, je fais la vaisselle en vitesse tandis que Bertrand s'installe dans le fauteuil de Papa et allume la radio.

« Tu peux aller te laver Helena, j'ai laissé l'eau dans la bassine »

Je lui fais signe de la tête et quitte le salon. La bassine est bien là, remplie d'une eau tiède et savonneuse. Je suis couverte de poussières de la tête au pieds et cela me fait un bien fou de me décrasser un peu...Une fois « propre », j'enfile une chemise de nuit et retourne au salon, histoire de ne pas rester seule en haut. Mon frère est toujours collé à la radio, un vieux poste qui craque parfois. Je m'assis en boule dans un fauteuil et l'observe sans parler. Il a l'air très concentré par les paroles qui sortent du poste. Je n'y prête pas attention, ce n'est qu'un charabia sans queue ni tête...apparemment pas pour mon frère, qui vient de se figer sur place !!

# Posté le mercredi 10 septembre 2008 07:47

Modifié le vendredi 12 septembre 2008 10:21